Le président Yves Jean-Bart informe

Publié le par haitifootball

Le président Yves Jean-Bart informe !
Dans son allocution après son plébiscite lors des élections du 29 janvier écoulé, le président de la Fédération haïtienne de football (FHF), Yves Jean-Bart, a informé que plusieurs amis étrangers du monde footballistique avaient octroyé des fonds au football haïtien. Mais la Fédération n’a pas reçu les montants alloués. Il compte récupérer ces fonds pour le développement du sport roi. Sur ce, nous l’avons rencontré et il a accepté de répondre à nos questions.
10/02/2012
Le Matin : Dans votre allocution du 29 janvier vous avez dit que la Corée du Sud et la Fédération française de football (FFF) avaient octroyé à Haïti des montants après le 12 janvier 2010. Pouvez-vous les chiffrer et où sont-ils ?

Yves Jean-Bart: Après le tremblement de terre, un don de 500 000 dollars américains a été fait par le vice-président sud-coréen de la Fifa. Le président Blatter m'a annoncé par téléphone que la Fifa avait envoyé via Trinité-et-Tobago une aide d'urgence de 250 000 dollars américains. De ce total nous avons reçu seulement 60 000 dollars quelques jours après le séisme. Il y a plusieurs mois, nous avions sollicité en vain l'assistance de la Concacaf pour récupérer ces fonds. En décembre dernier, nous avons écrit à la Fifa qui nous a promis de nous aider. J'avais posé le drame avec les collègues du CFU mais, depuis septembre 2011, l'organisation n'a même pas de compte en banque. Nous avons demandé à la Fifa de nous aider à retrouver cet argent (690 000 dollars) lui suggérant de l'affecter à la réhabilitation des terrains de Léogâne, Grand-Goâve et de Petit Goâve.

LM : Et ceux de la Fédération française de football ?

YJB : Nous luttons aussi pour récupérer 347 000 euros, don de la Fédération française de football (FFF). Une valeur que nous voulions consacrer à l'aménagement d'un camp d'entraînement au Cap-Haïtien. Selon ce que nous avons appris de la FFF, lorsque Yvon Avry – un expert de la Fifa qui était en Haïti – et moi avons été là-bas pour chercher de l'assistance pour nos programmes de développement, notamment la formation d’éducateurs et de cadres techniques, l'argent a été remis à « Fondation de France », puis au ministère des Sports dont le ministre d’alors était Évans Lescouflair qui l'aurait investi dans « projet de football pour 5 000 enfants à Croix-des-Bouquets ». En tout cas, c'est ce que l'on peut lire sur le site internet de « Sport sans frontières », une ONG par le biais de laquelle les fonds ont transité. J'ai toujours conseillé à nos donateurs de canaliser leur donation éventuelle via la Fifa. C'est plus direct et surtout rassurant qu'elle sera utilisée à bon escient.
Nous attendons aussi une assistance du Qatar qui s'était engagé à financer un projet pour nous, et c'est dans cet esprit que nous avons joué sans condition à Doha un match amical que nous avons gagné (1-0) le 17 novembre 2010. Les histoires de l'année dernière autour du Qatari Bin Haman ont ralenti les contacts mais, via la Fifa, nous allons relancer le dossier. Nous avons tant besoin de notre football de son état de sous-équipement.

LM : Nous avons appris que la US Soccer et la Canadian Soccer veulent aussi aider la FHF. Est-ce vrai ?

YJB: La US Soccer et la Canadian Soccer s'étaient aussi engagées à nous faire des dons, chacune, un terrain artificiel et de nombreux séminaires de formation. Il faut les relancer constamment, car il nous faut des terrains, encore plus de terrains. C'est pourquoi nous applaudissons des deux mains l'initiative du jeune Olivier Martelly qui se lance dans un programme de construction de terrains en province. Depuis les efforts de monsieur Gérard Raoul Rouzier, le premier Haïtien à être ministre des Sports (construction des centres Dadadou et Carrefour) en 1979 et du Premier ministre Gérard Latortue en 2004-2005, l'État n'a jamais pensé à aménager des espaces de jeu et des terrains de football. Sans terrain, il n'y a pas de football. Nous continuerons de chercher partout pour progressivement améliorer la situation devenue critique après le séisme. À Port-au-Prince, c'est une catastrophe : Dadadou, La Couronne, Barbancourt, Bel-Air, Saieh, Groupe Bigio, Belvil, aéroport sont indisponibles. Nous apprécions l'initiative du gouvernement d'évacuer les camps de réfugiés et de faciliter le retour dans un logement décent des familles sinistrées. Ensuite, il faudra réparer.
Yves Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football.
propos recueillis par Gérald Bordes

Publié dans sport

Commenter cet article